5 faits que l'extrême gauche n'a pas envie d'entendre



1- Les acquis sociaux sont une mauvaise chose


Longtemps considérés comme des "conquêtes" des travailleurs, les acquis sociaux sont un vaste mensonge destiné à duper les masses. Ce mensonge est d'autant plus efficace qu'il est relayé par ceux qui se présentent comme les opposants les plus radicaux au système actuel.

En réalité, toute amélioration du niveau de vie des travailleurs n'est une revendication aux apparences révolutionnaires que dans les pays pauvres. Dans les pays impérialistes, il y a bien assez de profits faits à la sueur de millions d'étrangers à l'autre bout du monde pour améliorer le quotidien des masses. Ce phénomène d'embourgeoisement a été décrit de façon très précise par Marx, Engels et Lénine en leur temps. Ils le considéraient à juste titre comme un obstacle au mouvement révolutionnaire, et non un acquis à défendre.

2- La fin des acquis sociaux est inévitable


Le mouvement communiste est condamné à être faible dans les pays impérialistes les plus riches.

Or, dans ce monde où rien n'est éternel, les puissances d'aujourd'hui sont défaites par celle demain. Ces puissances montantes feront profiter à leur peuple des privilèges qui, chez les pays déclinants, sont condamnés à être détruits, au désespoir de ceux qui défendent les acquis sociaux.

Si on ne s'élève pas à une compréhension globale du monde, les réformes actuelles du gouvernement ne peuvent pas être comprises. Au contraire, si l'on commence par expliquer l'évolution mondiale, alors les évènements actuels prennent tout leur sens. La Chine conquiert la première place dans la bataille des pays impérialistes, au détriment des pays impérialistes comme la France et les Etats-Unis.

La création d'acquis sociaux en Chine et leur destruction en France est la conséquence logique de ce phénomène. Aucune manifestation, aucune pleurnicherie n'y changera rien.

3- Le mouvement social actuel est réactionnaire


La révolution, c'est l'attaque, la réaction, c'est la défense. Il est assez facile de voir que dans la bataille actuelle, c'est la bourgeoisie qui est révolutionnaire et les syndicats qui sont réactionnaires.

Marx considérait le mouvement ouvrier comme une force de progrès, comme une force révolutionnaire parce que le prolétariat était précisément une classe qui n'avait rien d'autre à perdre que ses chaînes. On ne peut pas en dire autant du prolétariat bourgeois dont les préoccupations sont tournées entièrement sur la défense de privilèges.

La force de progrès est Macron, les syndicats et l'extrême gauche sont une force réactionnaire.

C'est bien sur "cynique" si on ne voit le négatif que comme négatif, alors qu'il contient aussi le positif. La fin des acquis sociaux n'est qu'un moment, qui rend précisément possible la révolution.

4- La révolution se fera contre l'extrême gauche


Tandis que d'un point de vue social, l'extrême gauche masque sa nature réactionnaire par des phrases révolutionnaires, les valeurs qu'elles portent la condamnent également à la défaite.

Le féminisme, l'écologie et les luttes des "minorités opprimées" ont depuis longtemps servi de relai à l'idéologie libérale afin de neutraliser la lutte des classes.

Le féminisme a pour rôle objectif d'asservir les hommes en attaquant ce qui terrifie encore le système, à savoir un renversement nécessairement viril de toute la société actuelle.

L'écologie a été inventée pour offrir une fausse alternative à la lutte syndicale. Lutter pour défendre son niveau de vie ou y renoncer de son plein gré, voilà les deux voies sans issues proposées par le système.

Enfin, la question ethnique offre une parfaite diversion à la lutte des classes. Mais elle ne peut fonctionner qu'à condition que des combattants des deux côtés donnent une importance à ce sujet, faute de quoi il ne peut pas servir de diversion efficace.

5- Les français croient encore aux élections


Il est tout à fait ridicule de croire qu'un peuple qui est effrayé par la sortie de l'euro sera prêt à se lancer dans une révolution encore plus radicale qui renverserait le capitalisme.

Il est devenu à la mode de critiquer Mélenchon. C'est obtenir son titre de révolutionnaire à moindre prix. Quant à ceux qui croient réellement à la révolution, ils comprennent que Mélenchon est utile au système comme faux opposant et non comme fausse alternative.

Le système a besoin d'opposants qui canalisent la colère dans des impasses. Ce sont donc des cartes très précieuses que la bourgeoisie cherche à garder et non à utiliser. Si Mélenchon ou Le Pen remportait les élections, la bourgeoisie aurait moins peur du succès de leur programme que de leur échec. En effet, une fois les masses désillusionnées sur ces opposants, des alternatives plus extrêmes pourraient récupérer les déçus.

La révolution arrivera, mais pas avant un certain temps, et pas avec les fausses forces révolutionnaires actuelles, mais plutôt contre elles.




Pour être prévenus de la sortie des nouveaux articles, n'hésitez pas à vous abonner !

E-mail :          

Close

Commentaire :



Nom / pseudo :





Adrien a écrit le 12-05-18 à 17:21 :

Belle lucidité. C'est tellement rare.

Merci,

Adrien




Mondonovo a écrit le 21-05-18 à 17:05 :

Bien vu ,!




Luniterre a écrit le 23-05-18 à 12:28 :

L’auteur s’amuse avec de faux paradoxes...

« La révolution, c’est l’attaque, la réaction, c’est la défense. Il est assez facile de voir que dans la bataille actuelle, c’est la bourgeoisie qui est révolutionnaire et les syndicats qui sont réactionnaires.

Marx considérait le mouvement ouvrier comme une force de progrès, comme une force révolutionnaire parce que le prolétariat était précisément une classe qui n’avait rien d’autre à perdre que ses chaînes. On ne peut pas en dire autant du prolétariat bourgeois dont les préoccupations sont tournées entièrement sur la défense de privilèges.

La force de progrès est Macron, les syndicats et l’extrême gauche sont une force réactionnaire. »

En réalité, il semble donc que l’on a affaire ici à une « relecture » de Marx assez désinvolte, sinon carrément désopilante !

En effet, une révolution sociale implique une transformation des rapports de production, et donc une classe sociale potentiellement révolutionnaire, c’est à dire susceptible d’opérer une telle transformation révolutionnaire...

La bourgeoisie a été révolutionnaire du temps de l’émergence du capitalisme comme mode de production lui-même révolutionnaire par rapport au féodalisme et à l’esclavagisme.

Manifestement, son rôle, sur ce plan, est terminé, surtout, et précisément, dans les métropoles impérialistes, où elle tente simplement de sauver son système en crise.

Le fait est que le prolétariat ne joue son rôle révolutionnaire que lorsque les nécessités de sa survie matérielle lui imposent de renverser l’ordre social établi pour simplement satisfaire ses besoins sociaux les plus urgents précisément en termes de survie, et non plus en termes d’acquis sociaux à défendre au sein du système.

Effectivement, on est encore loin de cette situation.

Dans la mesure où la seule solution « radicale » pour sauver le système est la guerre, cette situation risque néanmoins de surgir assez vite et sans réel préavis !

Effectivement, encore, le rôle de la « gauche » actuelle, même dite « extrême », est devenu réactionnaire, dans la mesure où cette « gauche » française ne centre pas sa lutte contre l’impérialisme, qui est la vrai cause de toutes les régressions sociales sur la planète.

Dans les économies « émergentes » le rôle des luttes sociales n’est pas davantage « révolutionnaire », tant qu’il ne remet pas en cause l’ordre impérialiste et capitaliste.

La conscience politique ne peut naître que de la synergie de la nécessité et de l’action militante des avant-gardes conscientes. Encore faut-il qu’elles se construisent elles-même avec une vision réellement claire, et non pas cynique et vaguement humoristique.

On en est loin, également.



Luniterre



PS : Si les problématiques sociétales sont effectivement un moyen de détourner la lutte des classes vers le réformisme, on ne peut pas, pour autant, en abandonner tous les objectifs à la réaction, et notamment le combat pour les droits des femmes. Réduire la Révolution à une affaire « virile » c'est faire bon marché du combat des « pétroleuses » de la Commune, des Résistantes, des Partisanes, et de toutes les combattantes de l'Armée Rouge !

En bref, on peut vouloir faire court, mais il faut se méfier des formules à l'emporte-pièce, surtout si elles nous emportent, avec elles, à côté de la plaque, sinon voire, même si par mégarde, du côté de la réaction... !